Manuel Boutet
- E-mail : manuel (point) boutet (arobase) free (point) fr
- Laboratoire:
- Actuellement post-doctorant à l’IDHE
- Anciens laboratoires:
- CESAER - Centre d’Economie et de Sociologie appliqués à l’Agriculture et aux Espaces Ruraux
- CMH - Centre Maurice Halbwachs
- ENST - Département “Sciences Economiques et Sociales” de TELECOM ParisTech
- LASMIC - Laboratoire d’Anthropologie et de Sociologie ‘Mémoire, Identité et Cognition sociale’
- GRACC - Groupe de Recherche sur les Actions et les Croyances Collectives, devenu depuis le Centre de Recherche ‘Individus, Epreuves, Sociétés’ (CERIES)
- IPRAUS - Institut Parisien de Recherche : Architecture, Urbanistique, Société
Actualités:
- [Call for papers]
Families and ICTs, through trials and life events. - [Appel à communications de la 2ème édition de la journée d’études “Games Studies ? à la française !”]
Les jeuX vidéo au pluriel. Quelle diversité ? Industries, métiers, interfaces, règles, publics, pratiques, circonstances, expériences, mémoires.. - Rendez-vous à la Gaîté Lyrique le 11 avril de 18 à 20h pour le prochain “Drink Tank” de l’OMNSH.
THEMES DE RECHERCHE :
- Le travail ;
- Les mondes numériques ;
- Les modes de vie, genres de vie, styles de vie ;
- Les usages des techniques, dont: l’ordinateur, la photographie, l’informatique mobile (tablettes), les téléphones portables ;
- L’innovation, à la fois l’innovation “par l’usage” sur Internet et la “co-conception” d’outils de communication ;
- L’histoire des collectifs sur Internet. (J’aborde ceux-ci comme des “formes de vie”, l’objectif étant de construire des outils - théoriques et informatiques - permettant de saisir la co-genèse des organisations sociales et des structures médiatiques.)
Recherches :
Mes travaux relèvent de la sociologie des usages des techniques de l’information, de la communication, et d’internet, dans le cadre des pratiques ludiques comme des activités de travail – en prêtant attention à la porosité des frontières entre ces espaces. Je m’intéresse aussi bien aux contraintes collectives qu’à l’inventivité individuelle, et j’ai étudié tout particulièrement les sociabilités à l’ère numérique, les apprentissages qu’elles supposent, et leurs enjeux éthiques. Parti initialement d’un travail sur les usages de l’informatique, j’en suis ainsi venu aux transformations de nos modes de vie et de travail associées au numérique, qu’il s’agisse d’étudier les dynamiques de constitution des collectifs en ligne, ou les effets sur le lien social des jeux pratiqués sur internet au travail.
J’ai été amené à animer trois espaces de travail collectif. L’étude d’Internet pose la question de l’articulation entre ethnographie et statistiques qui a été explorée au cours des deux années du séminaire Ethnographie et Statistiques sur Internet que j’ai co-animé. L’étude des jeux en ligne nécessite de développer les conditions de la transdisciplinarité, ce qui m’a amené à organiser l’année dernière une double journée d’études intitulée Game Studies ? à la française !. Enfin, « se prendre au jeu » étant une forme d’engagement riche en solidarités, je co-anime cette année le séminaire Ethnographie des engagements : travail, bénévolat, jeu, citoyenneté. Je participe également à la création d’une revue intitulée RESET : recherches en sociales sociales sur Internet.
Sociologie du travail
Parti dans ma thèse des usages de l’informatique, je développe aujourd’hui une approche du travail et des modes de vie centrée sur leurs transformations liées au numérique. Les interfaces entre travail et hors travail sont au coeur de ce questionnement. Cela concerne d’abord les rencontres entre professionnels et usagers (Thèse), néanmoins de telles interfaces existent aussi au coeur de l’activité professionnelle. J’ai ainsi étudié le rôle des pauses au travail (Boutet, 2003), et en particulier la pratique sur le lieu de travail de jeux sur Internet (ANR COMUT ; Boutet, à paraître). Symétriquement, j’ai repéré des conditions de l’investissement de compétences professionnelles dans les loisirs (Boutet, 2010). Tout au long de ces travaux, la propriété d’« ubiquité » des mondes en ligne est apparue comme centrale, m’amenant à suivre les dynamiques de constitution des collectifs en ligne (Boutet, 2008). Une dernière piste de recherche est alors d’étendre cette analyse aux contextes de mobilité, à travers notamment leur équipement (Post-doctorat à l’ENST), mais aussi l’articulation de ces dimensions aux approches plus classiques des mobilités et déplacements (Post-doctorat à l’INRA).
Terrains
Parti dans ma thèse du terrain du dépannage d’ordinateur à domicile, j’ai été amené à étudier la créativité des « usages ordinaires », puis des cas d’« innovation par l’usage ». Suivant cette problématique, j’ai ensuite étendu mes investigations en direction d’Internet et des industries culturelles. Les jeux vidéo sont en effet un terrain propice à l’étude de l’innovation ascendante car ils sont inscrits aujourd’hui dans une « culture de la participation ». Au-delà des innovations particulières que j’ai pu y observer, les jeux en ligne m’ont amené à explorer la co-genèse des organisations humaines et des structures médiatiques. Plus récemment, mes travaux se sont portés sur des Start-ups mettant au point et cherchant à commercialiser des techniques de communication, et ceci en étroite collaboration avec leurs futurs clients. Dans ce cadre, j’ai étudié tout particulièrement la façon dont plusieurs cultures professionnelles se rencontraient autour de la médiation que constitue l’objet en projet.
Méthodes
Si la méthode ethnographique est à la racine de mes travaux, ils la prolongent aussi par l’analyse des interfaces, l’examen des traces d’usage, la construction de cartographies, l’étude des rythmes temporels, et l’analyse des graphes relationnels. Dans un article récent intitulé « S’orienter dans les espaces sociaux en ligne », je propose ainsi d’utiliser la méthode ethnographique pour repérer des points d’articulation entre dynamiques sociales et techniques, qu’il s’agit ensuite d’analyser au moyen de méthodes plus analytiques. De plus, l’ethnographie des mondes virtuels est pour moi indissociable d’une pratique active de design, pour au moins deux raisons. La première est que le design est l’une des formes contemporaine de l’écriture et de l’exercice de la réflexivité. En particulier, pour les participants des espaces en ligne, concevoir des interfaces est une forme de réflexivité sur leur activité. La seconde raison est que la taille et la complexité des « communautés » en ligne actuelles nécessitent aujourd’hui une pratique ethnographique collaborative et distribuée.